La famille aux 4 pirates

Jour 9: Clifden et le Connemara

Pour ce premier jour dans la partie occidentale de l’Irlande, et après une matinée un brin laborieuse (mais fructueuse en cartes postales), nous faisons route vers Clifden par des petites routes que même le GPS rechigne à nous laisser emprunter !

Nous entrons alors dans le parc national du Connemara. Et ce sont les fameuses tourbières (bog) qui nous apparaissent. C’est à la fois tel que le decrivent les grandes plumes et parfaitement indescriptible tant le vocabulaire approprié manque ! On oscille entre des marais et des contreforts montagneux, avec de nouvelles nuances de vert, de marron et de gris. Lors des (rares) éclaircies, la montagne semble se couvrir d’or et l’instant d’après elle reprend son manteau sombre.

Les moutons ont fait place aux fameux poneys du Connemara. Ça et là, entre les champs de cailloux, des amas de tourbe en train de sécher. En l’écrivant, je réalise combien cette idée de faire sécher quelque chose ici, que ce fusse du linge ou de la tourbe, semble irréalisable ! Et on imagine combien la patience des habitants est proportionnelle à l’ampleur de la tâche…

Depuis hier, la météo s’est fortement dégradée. Aux averses succèdent d’autres averses ! Et se sont adjoints à ce déluge des vents latéraux assez violents. La veille, la conduite m’avait vraiment semblé pénible. Aujourd’hui Patrice réalise que mes nombreuses remarques n’étaient pas dues à mon manque d’expérience ou à la fatigue mais bien à une réelle difficulté à maintenir la trajectoire. Et c’est ici encore plus vrai qu’ailleurs ! Il y aussi peu de lignes droites que de soleil ! J’en reparlerai mais les panneaux indicateurs de vitesse nous font doucement rigoler: conduire à 100km/h sur ces petites routes tortueuses, c’est le rapatriement direct assuré… après un passage par la case casse/urgences !

Les haies de ronces et autres végétaux des chemins ont été remplacées par les murs de pierres sèches qui semblent vieux comme l’Irlande. Il n’en est rien, nous le découvrirons plus tard, car ces murs datent, pour la plupart, du XIXème siècle et de la redistribution des terres agricoles après la grande famine.

Au détour d’une route, nous découvrons notre premier fjord (sans même être allé en Norvège !): celui de Killary. C’est à la fois saisissant et envoûtant. Vu le nombre d’auto-stoppeurs croisés sur la route, nous ne sommes pas, de toute évidence, les seuls à goûter la magie des lieux.

Et comme nous ne sommes pas au bout de nos peines, un peu plus loin, au bord du Pollacapall lough, nous tombons sur l’extravagant château de Kylemore, devenu aujourd’hui abbaye bénédictine (Le lieu de vie des soeurs). Vous trouverez dans l’article Wikipédia une histoire relativement détaillée du lieu () et vous pourrez aisément imaginer notre surprise quand nous avons aperçu ce joyau depuis l’autre rive du lough.

Notre route s’achève à Clifden, petit port de pêche très touristique. On y trouve des hôtels de charme, des boutiques de souvenirs en nombre et des pubs résonnant de musique traditionnelle. L’occasion est trop belle pour Emmanuel, notre amoureux du violon ! Et nous décidons d’achever cette première virée dans le Connemara par un “dîner-concert” comme les Irlandais ont l’habitude de le faire. Nous tournons un peu avant de trouver un restaurant susceptible d’accueillir notre grande tablée… Au Humphry’s, c’est une serveuse française (!) qui vient finalement nous installer dans un recoin presqu’en face des musiciens: un accordéoniste, un violoniste et une gamine au bodhràn (un tambour sur cadre circulaire joué avec un bâtonnet en bois).

Finir une journée de tempête et de fantastiques découvertes devant une marmite de moules est, somme toute, une agréable récompense !

Une réflexion au sujet de “Jour 9: Clifden et le Connemara

  1. Lise

    Quel plaisir de constater que ma fille écrit toujours aussi bien !!
    Je n’ai pas trop perdu mon temps quand elle était gamine….. c’est rassurant.
    Puisse les pirates en prendre de la graine ……

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